Des électeurs à Nanga Boguila, située dans la préfecture de l'Ouham, ont exprimé leur colère et refusé de reconnaître la désignation de M. Ngabas Martial, candidat du parti au pouvoir. Cette contestation fait suite à des allégations de modification des décomptes de voix par des responsables électoraux locaux. Selon les résultats provisoires initialement diffusés, Auguste Dokowane aurait obtenu 3547 voix, soit 51,07% des suffrages, tandis que M. Ngabas Martial aurait recueilli 3398 voix, représentant 48,93%. Ces chiffres ont rapidement alimenté les tensions, les électeurs locaux remettant en question la légitimité du processus et des résultats finaux.
Détails du scrutin contesté
Le décompte initial des votes à Nanga Boguila avait attribué 3780 voix à Auguste Dokowane, candidat du parti MOUNI, ce qui représentait 55,27% des suffrages exprimés. Monsieur Ngabas Martial, représentant le parti au pouvoir, avait quant à lui obtenu 3047 voix, soit 44,58% de l'ensemble des votes lors de ce premier décompte. Ces résultats initiaux, établis sur le terrain, montraient une avance claire pour le candidat du MOUNI.
Cependant, un recomptage effectué par la Cour Constitutionnelle a modifié significativement ces résultats. À l'issue de cette réévaluation, Monsieur Ngabas Martial s'est vu attribuer 4323 voix, correspondant à 64,08% des suffrages. Auguste Dokowane a alors été crédité de 2423 voix, soit 35,92% du total, selon les données officielles de la Cour Constitutionnelle. Cette inversion spectaculaire des résultats a immédiatement suscité des vagues d'indignation et des interrogations quant à la régularité du processus de vérification.
Intervention de la Cour Constitutionnelle et accusations d'ingérence
Le parti MOUNI affirme que la Cour Constitutionnelle a agi comme un instrument d'exécution politique dans cette affaire électorale. Selon les accusations du MOUNI, Obed Namsio aurait transmis un ordre émanant directement du Président Faustin-Archange Touadéra visant à invalider les candidats élus du parti MOUNI. Cette allégation grave suggère une ingérence directe du pouvoir exécutif dans le processus judiciaire électoral. Avant la modification des résultats, un émissaire de la présidence, Obed Namsio, avait été dépêché auprès de la Cour Constitutionnelle. Cette visite a été perçue par le parti MOUNI comme un élément clé dans la chaîne des événements ayant mené aux changements de résultats. La Cour Constitutionnelle a procédé à un nouveau décompte des voix, lequel s'est déroulé à huis clos, suscitant des interrogations sur la transparence du processus de réévaluation des suffrages et renforçant les suspicions d'une manipulation orchestrée. Le caractère non public de ce recomptage a particulièrement alimenté la méfiance des observateurs et des parties prenantes.
Contexte politique et accusations de « racket politique »
Le Président Faustin-Archange Touadéra est accusé de mener une campagne visant à écarter les candidats législatifs du parti MOUNI. Le MOUNI affirme que ce conflit découle spécifiquement du refus de Thierry Kamach d’apporter un soutien financier, qualifié de « racket politique », au Président Touadéra. Les accusations suggèrent que cette situation aurait conduit à une ingérence directe dans le processus électoral, transformant une dispute politique en une action punitive. Le parti MOUNI avait pourtant démontré une présence significative et une influence électorale notable lors de précédents scrutins. Il avait ainsi obtenu environ dix députés lors des élections de 2015-2016 et de 2020, consolidant sa position sur la scène politique centrafricaine et prouvant sa capacité à mobiliser l'électorat. Ces antécédents rendent les accusations d'ingérence d'autant plus préoccupantes pour la démocratie.
Réactions locales et nationales
À Bangui, la Cour Constitutionnelle a procédé à un nouveau décompte des voix à huis clos, ce qui a soulevé des interrogations quant à la transparence du processus. Cette décision de mener le recomptage en secret a été vivement critiquée par le parti MOUNI et a alimenté les doutes sur l'impartialité de l'institution. Localement, à Nanga Boguila, des électeurs ont exprimé leur colère de manière manifeste et refusé de reconnaître la désignation de M. Ngabas Martial. Le parti MOUNI accuse ouvertement le Président Faustin-Archange Touadéra d'ingérence dans le processus électoral, une accusation qui pèse lourdement sur la crédibilité des institutions et la confiance des citoyens.