Affaire Dologuélé : Allégations d'exclusion politique par le Président Touadéra

Dologuele et Touadera au Palais de la Renaissance
Photo via Corbeaunews-centrafrique

Anicet-Georges Dologuélé, figure majeure de l'opposition centrafricaine et ancien Premier ministre, dénonce une exclusion politique orchestrée par le gouvernement du Président Faustin-Archange Touadéra. Mercredi, M. Dologuélé a affirmé que les autorités lui avaient refusé l'émission d'un nouveau passeport centrafricain après la confiscation de son passeport diplomatique. Cette situation l'aurait empêché d'embarquer pour une réunion de l'Union africaine à Addis-Abeba. L'ancien Premier ministre et figure majeure de l'opposition centrafricaine, Anicet-Georges Dologuélé, a publiquement critiqué la confiscation de son passeport diplomatique, soulignant que cet acte l'a empêché de monter à bord d'un vol à destination d'Addis-Abeba pour une réunion clé de l'Union africaine. M. Dologuélé a déclaré que le gouvernement lui avait refusé la délivrance d'un nouveau passeport centrafricain, le privant ainsi de sa capacité à voyager.

Selon des informations rapportées, le Président Touadéra remettrait en question la nationalité même de M. Dologuélé. L'opposant déclare que le gouvernement refuse de lui délivrer un document d'identité, l'empêchant de voyager et, selon lui, de participer pleinement à la vie politique du pays. Cette remise en question de sa nationalité par le Président Touadéra constitue le fondement des allégations de M. Dologuélé, qui y voit une manœuvre délibérée pour l'écarter de la scène politique nationale et internationale.

Rétention de passeport et déni de nationalité

Anicet-Georges Dologuélé aurait renoncé à sa citoyenneté française l'année dernière, se conformant ainsi à la constitution de son pays. Cette démarche, effectuée en accord avec les exigences constitutionnelles de la République centrafricaine, visait à lever tout obstacle à sa pleine participation à la vie publique. Des informations indiquent que le Code de la nationalité de 1961 est invoqué dans cette affaire pour justifier le refus de lui délivrer un nouveau passeport. Cependant, une déchéance de nationalité, selon les procédures légales en vigueur, exigerait un décret du Conseil des ministres, document qui n'a pas été signé, selon l'article. L'absence de ce décret officiel signifie que la procédure légale de déchéance de nationalité n'a pas été respectée, rendant la situation de M. Dologuélé d'autant plus précaire. Cette situation a conduit Anicet-Georges Dologuélé à être déclaré apatride dans son propre pays, une condition qui soulève de graves préoccupations en matière de droits humains et de respect des libertés fondamentales. Ces éléments ont été rapportés le 9 mai 2026, date à laquelle l'article détaillant ces allégations a été publié.

Le refus des autorités de délivrer un nouveau passeport à Anicet-Georges Dologuélé, combiné à la confiscation de son passeport diplomatique, l'a effectively rendu incapable de quitter le territoire national. Cette incapacité à voyager, selon l'opposant, n'est pas seulement une entrave à sa liberté individuelle, mais aussi une tentative de le museler politiquement et de l'empêcher de remplir ses fonctions et engagements à l'étranger. La situation est d'autant plus complexe que M. Dologuélé a expressément renoncé à sa nationalité française l'année dernière, une décision prise pour se conformer pleinement aux exigences constitutionnelles de la République centrafricaine, qui interdisent la double nationalité pour certaines fonctions publiques.

Contexte politique et antécédents

Anicet-Georges Dologuélé, ancien candidat à l'élection présidentielle, a également été élu député de Bocaranga, une circonscription importante. Son parcours politique est marqué par une opposition constante au pouvoir en place. Selon les chiffres de l'organe électoral du pays, M. Dologuélé a recueilli 13,1% des voix lors d'un scrutin antérieur, démontrant une base électorale significative et une légitimité politique incontestable. Il avait contesté le Président Faustin-Archange Touadéra, qui s'est présenté pour un troisième mandat l'année dernière, une décision qui a elle-même suscité des débats et des controverses quant au respect des principes démocratiques et constitutionnels.

Les observateurs proches du dossier notent que le Président Touadéra est parfois désigné par ses détracteurs comme le « soi-disant Professeur » ou l'« Empereur-président », des appellations qui reflètent une critique de son style de gouvernance et de sa perception du pouvoir. Ces surnoms, employés par l'opposition et certains segments de la société civile, soulignent une méfiance croissante à l'égard de la concentration du pouvoir et des dérives autoritaires perçues par une partie de la population. La contestation de M. Dologuélé s'inscrit donc dans un contexte politique tendu, où les enjeux de légitimité et de respect des institutions sont au cœur des préoccupations.

La carrière politique d'Anicet-Georges Dologuélé, de Premier ministre à candidat présidentiel et député, témoigne de son engagement profond dans la vie publique centrafricaine. Sa capacité à mobiliser un électorat conséquent, comme en témoignent les 13,1% des voix obtenues lors de l'élection présidentielle, fait de lui une figure d'opposition non négligeable. Le fait qu'il ait directement contesté la candidature de Faustin-Archange Touadéra pour un troisième mandat l'année dernière, une période déjà marquée par des tensions politiques, place les actions actuelles du gouvernement à son égard sous un éclairage particulier. Les allégations de déni de nationalité et de refus de passeport peuvent être interprétées comme une tentative d'affaiblir une voix d'opposition forte et de limiter sa capacité à critiquer le pouvoir en place, tant sur le plan national qu'international.

Implications constitutionnelles et internationales

La situation concernant Anicet-Georges Dologuélé soulève de graves interrogations sur le respect des cadres légaux et constitutionnels de la République centrafricaine. Des voix s'élèvent pour affirmer que le Président Faustin-Archange Touadéra enfreindrait la Constitution de la République centrafricaine, les lois nationales et les traités internationaux en agissant de la sorte. Cette accusation pointe vers une possible instrumentalisation des institutions pour des motifs politiques, impactant la liberté de mouvement et les droits civiques d'un opposant. Le déni de nationalité et l'empêchement de voyager à un citoyen, d'autant plus un ancien Premier ministre et député, sont des actes qui, s'ils sont avérés, contreviennent aux principes fondamentaux de l'État de droit et aux engagements internationaux de la Centrafrique en matière de droits de l'homme.

Des allégations de double nationalité visent des personnalités au sein même de l'administration, ce qui met en lumière une application potentiellement sélective des règles. Il est affirmé que Simplice Mathieu Sarandji, une figure importante du gouvernement, détiendrait la nationalité française. De même, il est allégué que Hassan Bouba, bien que citoyen tchadien, posséderait un passeport diplomatique centrafricain. Ces informations, si elles étaient avérées, pourraient mettre en lumière une application sélective des règles de nationalité et de citoyenneté, créant un deux poids deux mesures qui minerait la crédibilité des actions gouvernementales à l'encontre de M. Dologuélé. La question se pose alors de savoir pourquoi les règles de nationalité semblent être appliquées avec une telle rigueur et de manière punitive contre un opposant politique, alors que des allégations similaires concernant des membres de l'administration ne semblent pas faire l'objet de la même attention ni des mêmes conséquences.

En parallèle à ces développements, Anicet-Georges Dologuélé détient des fonctions au niveau continental, ce qui confère à son cas une dimension internationale significative. Depuis 2018, M. Dologuélé siège au conseil d'administration du Fonds pour la Paix de l'Union africaine, une institution clé pour la stabilité et le développement du continent. Cette position internationale confère à son statut d'apatride une dimension qui dépasse les frontières nationales, potentiellement avec des répercussions sur la diplomatie centrafricaine et son image sur la scène africaine. Le fait qu'un membre d'un organe aussi prestigieux de l'Union africaine soit déclaré apatride dans son propre pays par son gouvernement pourrait nuire à la réputation de la République centrafricaine et soulever des questions sur son respect des normes et des valeurs de l'Union africaine. La communauté internationale et les organisations régionales pourraient être amenées à examiner de près cette affaire, compte tenu des implications pour la démocratie, les droits de l'homme et la stabilité politique en République centrafricaine.