Des accusations de « privatisation » des Forces armées centrafricaines (FACA) pèsent sur des membres de la famille Mamadou en Centrafrique, soulevant de sérieuses questions sur la gouvernance et l'intégrité de l'institution militaire. Au cœur de ces allégations se trouve le Général Zéphirin Mamadou, qui occupe la fonction stratégique de Chef d'état-major des FACA. Son rôle central est mis en lumière alors que son fils, Jordy Étienne Mamadou, a récemment été nommé Assistant en charge de la mobilité, des équipements et des infrastructures au sein de la même institution. Ces nominations successives et la concentration de pouvoir au sein de la famille Mamadou au sein des FACA suscitent de vives interrogations quant à la transparence et à l'équité des processus de promotion et d'affectation au sein de l'armée nationale.
L'ascension fulgurante du fils du général
Jordy Étienne Mamadou, le fils du Général Zéphirin Mamadou, est âgé de 27 ans. Né en 1999, il a récemment été nommé commandant commissaire et chef de la logistique militaire au sein des FACA. Cette nomination intervient après une ascension remarquablement rapide au sein de l'armée. Son intégration dans l'armée nationale remonte à 2015. À cette époque, Jordy Mamadou n'avait que 16 ans.
Des allégations suggèrent que son ascension rapide à travers la formation d'officier serait due, non pas à ses seules qualifications ou à son mérite, mais à l'influence directe de son père, le Général Zéphirin Mamadou. Cette influence aurait facilité son parcours au sein de l'institution militaire. À seulement 23 ans, il avait déjà accédé au grade de commandant au sein de l'armée nationale, un avancement jugé exceptionnel par de nombreux observateurs. Le fait qu'il ait été promu commandant commissaire et chef de la logistique militaire à un âge aussi jeune renforce l'idée d'une progression accélérée, potentiellement orchestrée.
Des postes clés pour le clan familial
Au-delà de l'ascension de son fils, le Général Zéphirin Mamadou est accusé d'avoir orchestré le placement d'autres membres de sa famille, incluant frères, sœurs et cousins, à des postes clés au sein de l'administration militaire. Ces allégations indiquent une concentration significative de membres du clan Mamadou dans des fonctions stratégiques et influentes au sein des Forces armées centrafricaines (FACA), soulevant des préoccupations de népotisme et de favoritisme.
Il est affirmé qu'aucun membre de la famille Mamadou n'est présent sur les lignes de front, où les risques sont les plus élevés et l'engagement direct essentiel. Les postes qu'ils occupent se limitent exclusivement aux domaines budgétaires, administratifs et de bureau. Cette répartition des rôles, qui les éloigne des opérations de terrain mais les place au cœur de la gestion financière et logistique, soulève des questions sur la nature réelle de leur influence et de leurs motivations au sein de l'institution militaire. Elle suggère une concentration de pouvoir sur des leviers de contrôle administratifs et financiers plutôt que sur des responsabilités opérationnelles.
Soupçons de corruption et de népotisme
La position de Jordy Étienne Mamadou en tant qu'Assistant en charge de la mobilité, des équipements et des infrastructures lui confère un pouvoir considérable. Dans ce rôle, il contrôle des aspects cruciaux du fonctionnement de l'armée, notamment la flotte de véhicules de l'armée, les stocks de carburant, les contrats d'armement, de munitions et de matériel de transmission, ainsi que les budgets d'infrastructure. Ce contrôle étendu sur les ressources et les approvisionnements militaires est une source de préoccupation majeure.
L'article allègue que cette position de Jordy Étienne Mamadou s'inscrit dans la continuité des « affaires de surfacturation » prétendument opérées par sa mère, Prisca Mamadou. Ces accusations, si elles sont avérées, suggèrent un schéma de pratiques financières douteuses au sein de la famille. Des accusations pèsent également sur le Général Zéphirin Mamadou lui-même, affirmant qu'il aurait falsifié les documents administratifs de son fils pour le vieillir artificiellement. Cette prétendue falsification aurait été un élément clé pour permettre son intégration dans l'armée nationale à un âge où il n'aurait normalement pas été éligible.
L'intégration de Jordy Étienne Mamadou dans l'armée à l'âge de 16 ans, si les allégations de falsification d'âge sont avérées, aurait enfreint les conventions des Nations unies relatives aux enfants soldats. Ces conventions internationales interdisent formellement le recrutement ou l'utilisation d'enfants de moins de 18 ans dans les forces armées, que ce soit par des groupes armés étatiques ou non étatiques. Le non-respect de ces conventions par une institution militaire nationale, et de surcroît par son Chef d'état-major, soulèverait de graves questions éthiques et légales.
L'armée au service du régime et d'un clan
Le président Faustin-Archange Touadéra est accusé de tolérer cette situation, ce qui, selon les allégations, s'expliquerait par un pacte de corruption mutuelle. Ce pacte garantirait ainsi sa soumission des troupes, assurant la loyauté de l'armée par le biais de ces arrangements familiaux et financiers. L'article affirme que, dans ce contexte, l'armée nationale centrafricaine a cessé d'être un instrument de défense impartial et au service de la nation. Elle serait devenue, selon les informations rapportées, une milice administrative qui sert principalement à la survie du régime en place et à l'enrichissement d'un clan spécifique, celui de la famille Mamadou. Cette transformation de la mission de l'armée soulève des inquiétudes quant à la sécurité nationale et à la stabilité institutionnelle de la Centrafrique.