Suzanne Saté, députée de la première circonscription de Bambari, a formellement dénoncé des pratiques de racket militaire dans sa circonscription. Cette intervention a eu lieu le 26 octobre 2026 lors d'une session à l'Assemblée nationale consacrée aux questions adressées au gouvernement. Suzanne Saté, en sa qualité d'élue représentant la première circonscription de Bambari, a saisi cette opportunité parlementaire pour exposer les faits devant les membres de l'exécutif présents dans l'hémicycle.
Pratiques d'extorsion sur les routes
Des membres du personnel militaire déployés dans la préfecture de la Ouaka imposent des taxes illicites aux usagers des axes routiers. Ces agissements, rapportés par la députée, ciblent directement les activités économiques locales et la libre circulation des citoyens. Les militaires exigent le versement d'une somme comprise entre 500 et 1 000 francs CFA pour autoriser le passage d'un sac de manioc, denrée essentielle pour les populations de la zone. Ce tarif s'applique également aux particuliers, chaque passager devant s'acquitter du même montant pour franchir les points de contrôle érigés sur le trajet.
Les fonds récoltés par le personnel militaire lors de ces contrôles ne sont pas reversés dans les caisses du trésor public. Conformément aux allégations portées par Suzanne Saté lors de son interpellation au gouvernement, ces revenus illégaux sont détournés au profit des individus tenant les postes de contrôle. Aucun justificatif de paiement ne semble être émis lors de ces transactions, et les sommes perçues échappent aux circuits de comptabilité de l'État. Ces pratiques d'extorsion, documentées par les témoignages recueillis dans la préfecture de la Ouaka, se déroulent en dehors de tout cadre réglementaire ou fiscal officiel.
L'exposé de la situation par la députée note une rupture avec les procédures de perception fiscale habituelles. En l'absence de tout document officiel attestant du versement de ces sommes, les usagers de la route se retrouvent contraints de céder aux exigences des militaires sous peine de se voir refuser le passage. La récurrence de ces prélèvements, tels que décrits devant l'Assemblée nationale, soulève des interrogations quant à la gestion des axes de transport dans la région.
En portant ces faits à la connaissance du gouvernement, Suzanne Saté a mis en lumière l'impact direct de ces taxes non officielles sur le quotidien des habitants de la préfecture de la Ouaka. La députée de la première circonscription de Bambari a ainsi formalisé une demande d'explications sur le fonctionnement de ces points de contrôle. Les membres de l'exécutif ont été appelés à clarifier la nature de ces opérations militaires et à garantir que les fonds collectés sur les axes routiers soient, conformément à la loi, intégrés aux recettes publiques de l'État. La situation demeure sous observation alors que les autorités sont désormais saisies de ces signalements précis concernant les pratiques en vigueur dans la préfecture.